Prix Fondation Safran pour la Musique : deux lauréates pour une édition inédite

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C’est une première dans l’histoire du Prix Fondation Safran pour la Musique ! Le 15 octobre dernier à la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret, le jury a choisi de distinguer deux lauréates au lieu d’une lors de l’édition 2026. Consacré cette année au violon baroque, le concours a récompensé Céleste Klingelschmitt et Inkeri Leimbach, qui recevront chacune la dotation de 5 000 euros prévue par la Fondation.

Le violon baroque donne le ton

Le 15 octobre dernier, cinq jeunes violonistes se sont retrouvés à la Bibliothèque musicale La Grange-Fleuret, à Paris, pour l’édition 2026 du Prix Fondation Safran pour la Musique. Pour la première fois depuis la création du concours en 2008, le violon baroque était à l’honneur. Les candidats avaient été sélectionnés parmi neuf postulants issus de plusieurs établissements européens, dont les Conservatoires nationaux supérieurs de musique et de danse de Paris et de Lyon, la Schola Cantorum de Bâle, le Conservatoire royal de La Haye et l’École de musique de Genève. 

Le principe : quinze minutes maximum pour convaincre le jury, avec une même pièce imposée à tous les candidats, l’Adagio et le Rondeau de la Sonate n°6 en sol mineur de François Francœur, complétée par une œuvre libre choisie par chaque interprète. Pour leurs prestations, les cinq violonistes étaient accompagnés au clavecin par Cristiano Gaudio, claveciniste spécialisé dans le répertoire baroque. Cristiano a été précédemment soutenu par la Fondation.

Cette édition était présidée par Chiara Banchini, figure du violon baroque et pédagogue reconnue, qui vient de fêter ses 80 ans et a contribué à former plusieurs interprètes aujourd’hui présents sur la scène internationale.

Deux archets pour un même prix

À l’issue des cinq prestations, le jury n’a finalement pas pu départager Céleste Klingelschmitt et Inkeri Leimbach. Une situation inédite pour le Prix qui, depuis sa création, distinguait chaque année un seul instrumentiste. Et pas question de partager la récompense : les deux lauréates recevront chacune une dotation de 5 000 euros, qui les accompagnera dans la suite de leur parcours professionnel.

Céleste Klingelschmitt, entre violon moderne et baroque

Formée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, Céleste Klingelschmitt mène de front l’apprentissage du violon moderne et du violon baroque. Elle poursuit également sa formation au Conservatoire d’Amsterdam auprès de Shunske Sato, violoniste et pédagogue spécialiste de l’interprétation historique.

À son actif, déjà plusieurs distinctions : en 2026, elle a notamment remporté le deuxième prix du Concours international Bach de Leipzig en violon baroque. Elle se produit aussi avec des ensembles spécialisés comme Le Consort, La Diane Française ou Les Arts Florissants. Céleste était par ailleurs déjà soutenue par la Fondation Safran avant de participer au Prix.

Pour le concours, elle a choisi de compléter la pièce imposée par une œuvre du compositeur allemand Johann Paul von Westhoff, écrite à la fin du XVIIe siècle. 

Inkeri Leimbach, au rythme de la musique ancienne

Inkeri Leimbach s’est spécialisée dans la musique ancienne, avec un répertoire allant du XVIIe au début du XIXe siècle. Elle s’est formée à Bâle, en Suisse, et à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne, où elle a approfondi la pratique du violon baroque. Elle se produit aujourd’hui en solo et avec plusieurs ensembles européens spécialisés dans ce répertoire, notamment le Freiburger Barockorchester, orchestre allemand qui joue la musique baroque et classique sur des instruments d’époque.

En parallèle des concerts, elle travaille à rendre la musique classique accessible à différents publics, notamment à travers de nouveaux formats de concert et des projets mêlant plusieurs disciplines. Cet engagement lui a valu, en 2026, le premier prix d’un concours allemand consacré à la pédagogie musicale. Ce 15 octobre, elle avait choisi d’interpréter une sonate du compositeur allemand Philipp Friedrich Böddecker, datant du XVIIe siècle et la pièce imposée.