Le fonds Paul Desjardins

Camarade de promotion d’Henri Bergson et de Jean Jaurès, Paul Desjardins (1859-1940) fut l’ami de Jules Lemaître, Anatole France et Paul Bourget. Il fut surtout le fondateur, en 1892, de « l’Union pour la vérité », un laboratoire d’idées sur les questions philosophiques, morales et sociales qui trouva son prolongement en 1910 dans les rencontres qu’il organisait alors à l’abbaye de Pontigny, un ancien monastère cistercien situé en Bourgogne. Nombre d’écrivains illustres, penseurs célèbres, hommes politiques ou militants de toutes causes et de tous pays s’y retrouvèrent, lors de « Décades » restées célèbres.
Une partie de la bibliothèque qu’il avait rassemblée à Pontigny fut achetée par Henry et Isabel Goüin en 1948 et se trouve désormais à l’abbaye de Royaumont. Le reste de sa collection est conservé au château de Cerisy la Salle.

Le fonds Benjamin Fondane

Ecrivain juif né en Roumanie, Benjamin Fondane (1898-1944), déjà reconnu dans son pays, s’établit à Paris à l’âge de 25 ans. Poète, penseur, dramaturge et cinéaste, résolument moderne et attentif à l’avant-garde, il se tient néanmoins à distance des écoles et des doctrines politiques et littéraires, et cherche sa réponse personnelle aux questions posées par son époque.  Arrêté le 7 mars 1944, il est incarcéré à Drancy. Sa femme réussit à obtenir sa libération mais il refuse d’abandonner sa sœur Line, arrêtée en même temps que lui. Déporté vers Auschwitz, il meurt en octobre 1944.
En 1952, son épouse Geneviève Tissier proposa 1 800 livres de la bibliothèque de Benjamin Fondane à Gilbert Gadoffre, directeur du Centre culturel international de Royaumont et fondateur de l’Institut collégial européen. A son départ de Royaumont, ce dernier les emporta, ne laissant que 65 ouvrages dans la bibliothèque de l’abbaye. Le reste de la collection est désormais conservé à l’Université de Marne-la-Vallée.

Le fonds Henri Bergson

Fils d’un immigré juif polonais, Henri Bergson (1859-1941) accomplit de brillantes études au Lycée Condorcet, puis à l’École Normale Supérieure où il fut reçu quatrième à l’agrégation de philosophie en 1881. Sa carrière d’enseignant le conduisit aux lycées Louis-le-Grand et Henri IV à Paris puis, à partir de 1897, à l’École Normale Supérieure où il devint maître de conférences. En 1900, la chaire de philosophie grecque et latine au Collège de France lui fut attribuée. S’appuyant sur les connaissances modernes en psychologie, Bergson définit pour la philosophie des voies nouvelles. Charles Péguy a dit de lui il est celui qui a réintroduit la vie spirituelle dans le monde. Élu en1901 à l’Académie des Sciences morales et politiques, entré à l’Académie française en 1914, il reçut en 1928 le prix Nobel de Littérature.
En 1962, une partie de sa collection personnelle a été offerte à la Fondation Royaumont par Albert Neuburger et Annie Neuburger, beau-frère et nièce d’Henri Bergson. 

Le fonds André d’Hormon

André Yacinthe Roquette (1881-1965), dit André d’Hormon, arriva en 1906 à Pékin où il fut, pendant 25 ans, conseiller diplomatique de la Présidence de la République et conseiller politique à la Présidence du Conseil. Il y enseigna à l’Université impériale en qualité de professeur de sciences politiques, et contribua à fonder l’Université franco-chinoise de Pékin où il enseigna longtemps le français aux étudiants chinois destinés à étudier en France. Il fut aussi, en 1936, le co-fondateur et le directeur du Centre franco-chinois d’études sinologiques de Pékin, où il se consacra à l’étude de la pensée et de la littérature chinoises et à la traduction, en chinois, de la littérature et de la pensée françaises. Il le dirigea jusqu’à sa fermeture en 1953. Contraint à l’exil en 1954, il fut accueilli par Henry et Isabel Goüin à l’abbaye de Royaumont, où il s’éteignit le 7 février 1965. 


Au cours de ces 49 années passées dans la capitale chinoise, d’Hormon avait rassemblé une importante collection de livres chinois qu’il légua à Henry et Isabel Goüin. Ce fonds chinois fut confié à la bibliothèque jésuite des Fontaines, à Chantilly, en 1980. Il est aujourd’hui conservé à la bibliothèque municipale de Lyon. Sa bibliothèque française, en revanche s’est fondue dans la bibliothèque de l’abbaye, enrichissant notamment le fonds littéraire gréco-latin et français. Ses livres ne portant pas de signes distinctifs il est aujourd’hui impossible de les identifier, à l’exception de 58 exemplaires qui lui furent dédicacés lors de son séjour à Royaumont.

Le fonds Jean Cassou

Après des études de lettres, Jean Cassou (1897-1986) devint le secrétaire de Pierre Louÿs. Nommé Inspecteur des Monuments historiques en 1932, il prit la direction de la revue Europe en 1936, et entra la même année dans le cabinet de Jean Zay, ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-arts. Membre du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes depuis 1934, il soutint les républicains espagnols en 1936 et se rapprocha du Parti communiste avec lequel il rompit dès 1939. Entré comme conservateur adjoint au Musée national d’Art Moderne, à Paris, en 1939, il entra en résistance dès le mois de juin 1940 et intègra le Réseau du Musée de l’Homme où il assurait la rédaction du journal Résistance. Arrêté le 13 décembre 1941, libéré en juin 1943, il reprit aussitôt ses activités clandestines. Après la guerre, Jean Cassou devint conservateur en chef du Musée national d’Art Moderne puis directeur d’études à l’École pratique des hautes Études, de 1965 à 1970. Écrivain, poète, historien et critique d’art, traducteur et résistant, il reçut en 1971 le Grand Prix national des Lettres et, en 1983, le grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour l’ensemble de son œuvre.
En 1986, Isabelle Jan, sa fille, a fait don d’une partie de sa bibliothèque à la Fondation Royaumont.